L’Algérie présente des progrès sanitaires majeurs dans son Rapport national volontaire 2026 remis à l’ONU. Ce document, qui s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2030 et des Objectifs de développement durable (ODD), confirme que la santé reste un pilier central du modèle social algérien.
Les chiffres officiels témoignent d’une trajectoire positive depuis 2015, mais ils soulignent aussi la nécessité de consolider ces acquis face aux nouveaux défis épidémiologiques et territoriaux.
Une espérance de vie en hausse constante
L’allongement de l’espérance de vie constitue l’indicateur le plus emblématique de cette dynamique. Elle est passée de 77,1 ans en 2015 à 79,6 ans en 2023, ce qui représente un gain de 2,5 années en seulement huit ans. Le rapport attribue cette progression à la politique sanitaire universelle, à l’amélioration des conditions de vie, à l’accès généralisé à l’eau potable et à la couverture vaccinale.
L’ambition affichée pour 2030 est claire : franchir le seuil symbolique des 80 ans. Parallèlement, la mortalité infantile poursuit sa baisse et s’établit à 19,7 décès pour 1 000 naissances en 2024, contre 22,3 en 2015.
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Des avancées significatives pour la santé maternelle et la lutte contre les maladies transmissibles
La réduction de la mortalité maternelle figure également parmi les réussites mises en avant par le gouvernement. Le taux est passé de 60,5 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2015 à 48,5 en 2019, soit une diminution de 20 % en quatre ans. Cette évolution résulte de la généralisation du suivi prénatal, du développement des maternités de proximité et de la formation continue des sages-femmes.
L’objectif pour 2030 consiste à ramener ce taux sous la barre des 30 décès pour 100 000 naissances. En outre, la lutte contre les maladies transmissibles enregistre des résultats remarquables. L’incidence de la tuberculose a chuté de près de 30 %, passant de 57,4 cas pour 100 000 habitants en 2015 à 39,9 en 2024, grâce au dépistage actif et au traitement gratuit. La prévalence du VIH/sida demeure, quant à elle, inférieure à 0,1 %.
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Le nouveau défi des maladies chroniques non transmissibles
Le système de santé algérien fait désormais face à une transition épidémiologique majeure. Selon l’enquête MICS de 2019 citée dans le rapport, 20 % des personnes âgées de 15 ans et plus souffrent d’au moins une maladie chronique. Cette proportion atteint 24,2 % chez les femmes et grimpe entre 50 et 70 % chez les plus de 60 ans.
L’hypertension concerne 7,5 % des plus de 15 ans et le diabète 5 %. Face à cette réalité, l’Algérie déploie sa Stratégie nationale multisectorielle intégrée 2020-2030. Celle-ci articule prévention, dépistage précoce et accès aux médicaments essentiels pour combattre les facteurs de risque comme le tabagisme, la sédentarité, l’alimentation déséquilibrée et le stress urbain.
Infrastructures, ressources humaines et transformation numérique
L’amélioration des indicateurs sanitaires repose sur un investissement public soutenu. Le nombre d’établissements publics hospitaliers est passé de 300 en 2016 à 360 en 2023, totalisant 70 074 lits. Un effort particulier cible les Hauts Plateaux et les wilayas du Sud pour réduire les disparités territoriales.
Sur le plan des ressources humaines, le corps médical a progressé de 35,1 % entre 2015 et 2023, avec plus de 110 facultés et écoles de santé mobilisées. Toutefois, le rapport reconnaît la persistance d’un déficit de spécialistes dans les zones enclavées.
Pour y remédier et moderniser le secteur, l’Algérie mise sur le numérique via le dossier médical électronique, la télémédecine et la gestion informatisée des médicaments. Ces leviers visent à rendre le système plus efficient et accessible.
Vers une souveraineté sanitaire renforcée à l’horizon 2030
La transformation du secteur inclut également le développement de l’industrie pharmaceutique nationale. Cette politique vise à couvrir une part croissante des besoins en médicaments essentiels, renforçant ainsi la souveraineté sanitaire et réduisant la dépendance aux importations. L’indice de couverture sanitaire universelle est déjà passé de 76 en 2015 à 82 en 2023, avec une cible de 90 ou plus pour 2030.
En somme, le tableau de bord de l’ODD 3 dessine une double réalité : l’Algérie dispose d’avancées mesurables en matière de longévité et de couverture sanitaire, mais elle doit accélérer ses efforts sur les maladies chroniques, la sécurité routière et l’équité territoriale pour atteindre pleinement ses ambitions.
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