Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, M. Ouacim Kouidri, a présenté mardi 06 mai 2025, devant la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’Assemblée populaire nationale (APN) les axes majeurs de la nouvelle stratégie du secteur.
Celle-ci vise à consolider l’autonomie en médicaments tout en développant une industrie exportatrice compétitive.
Avec un taux de couverture des besoins nationaux en médicaments atteignant 79 %, l’Algérie renforce son ambition de réduire sa dépendance aux importations. La stratégie repose sur :
- L’octroi d’autorisations définitives de 5 ans (au lieu d’autorisations annuelles provisoires) pour les laboratoires remplissant les conditions.
- Une révision des conditions d’agrément et de tarification pour aligner les normes sur les standards internationaux.
- Une simplification des procédures d’enregistrement des médicaments et dispositifs médicaux.
- Un délai transitoire pour les études de bioéquivalence sur certains génériques.
- L’incitation à produire localement les dispositifs médicaux, aujourd’hui importés à 98 %.
Un secteur en plein essor
Le ministre a indiqué que le parc pharmaceutique national compte 218 établissements, dont 138 dédiés à la fabrication de médicaments. Parmi les 103 nouveaux projets d’investissement à l’étude, 72 concernent les médicaments et 31 les dispositifs médicaux.
Sur 5 462 médicaments enregistrés, 4 120 sont produits localement pour les pharmacies. Pour les hôpitaux, 262 médicaments sur 1 061 sont fabriqués en Algérie, soit 24,69 % du marché.
Priorité aux médicaments stratégiques
Six leviers ont été identifiés pour stimuler l’investissement :
- Optimisation du rôle de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP).
- Développement des anticancéreux, de l’insuline et des vaccins.
- Renforcement de l’intégration industrielle.
- Attraction des capitaux étrangers.
- Soutien à la R&D.
- Coopération intersectorielle.
Dans le domaine des anticancéreux, 14 projets sont en cours, certains entrant en production dès 2025. Le groupe Saïdal a initié la fabrication locale de 15 médicaments anticancéreux essentiels, avec pour objectif une production intégrale d’ici 2 ans.
Côté insuline, 4 unités produisent désormais des quantités couvrant le double des besoins nationaux.
Vers une dynamique exportatrice
M. Kouidri a insisté sur la nécessité de substituer les importations de produits essentiels et de booster les exportations via :
- Une adaptation réglementaire.
- Une présence accrue dans les salons internationaux.
Cette feuille de route positionne l’industrie pharmaceutique algérienne comme un levier de croissance économique et de souveraineté sanitaire.
Prochaines étapes : Concertation avec les industriels et partenariats stratégiques pour accélérer la mise en œuvre.