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L’hôpital psychiatrique de Blida connait une dégradation alarmante

L’hôpital psychiatrique de Blida connait une dégradation alarmante

Le célèbre hôpital psychiatrique Frantz Fanon de Blida traverse une crise sans précédent. Des urgences parfois fermées. Des malades souvent refoulés. Ce centre hospitalier universitaire, jadis référence en Afrique, perd sa vocation initiale. La situation impacte directement la santé publique.

Selon des révélations du journal El Watan, le constat est accablant. Il s’appuie sur le témoignage de syndicalistes et de membres du personnel. L’établissement public de psychiatrie de Blida serait en pleine décadence.

Une structure détournée de sa mission

Plusieurs pavillons hospitaliers sont détournés de leur fonction première. Ils sont transformés en bureaux administratifs ou en salles de formation. Conséquence directe : des départements entiers n’utiliseraient qu’un tiers de leur capacité d’accueil.

La raréfaction des lits est dramatique. « Nous avons officiellement plus de 1000 lits. Mais nombreux sont les lits fictifs ou sacrifiés pour d’autres activités », déplore un syndicaliste. Les admissions annuelles sont en chute libre. Elles sont passées de 3500 il y a dix ans à environ 800 aujourd’hui.

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Des conséquences humaines dévastatrices

Le manque de places a des répercussions graves. Les réquisitions du wali de Blida pour placer les malades errants sont souvent bafouées. Cette situation transforme la ville en un « asile psychiatrique à ciel ouvert ».

Un syndicaliste alerte sur les drames humains. Il cite des cas de patients ayant commis des crimes ou des actes désespérés. « Parce qu’ils n’ont pas été traités à temps et convenablement ». Il rapporte aussi le suicide d’un patient libéré prématurément.

Dysfonctionnements internes et abandon thérapeutique

La qualité des soins pâtit de forts clivages internes. Le courant passe mal entre les professeurs en psychiatrie. Cette tension nuit gravement à la prise en charge médicale.

Par ailleurs, des activités thérapeutiques cruciales sont abandonnées. L’ergothérapie, qui aidait les patients à s’occuper, n’est plus pratiquée. L’environnement apaisant se dégrade. Les arbres qui procuraient du repos aux malades sont abattus à la tronçonneuse.

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Un appel à l’aide urgent

Malgré tout, certains professeurs restent consciencieux et dépassés par la charge de travail. Un responsable de l’hôpital confirme la crise. Le service de médecine légale et de désintoxication fonctionne bien au-dessus de ses capacités. Les rendez-vous pour une cure sont devenus très lointains.

Le syndicaliste exige une action immédiate des autorités. Il faut stopper « la mort d’une spécialité bien ancrée à Blida ». Sa notoriété dépassait autrefois les frontières nationales. Aujourd’hui, l’esprit des docteurs Frantz Fanon et Ridouh a disparu. La rigueur aussi. « Dommage », se lamente-t-on.

Sans mesure d’urgence, le déclin se poursuivra. Les malades mentaux et la société en paient le prix fort.

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