Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Lors du 6ᵉ Congrès de la Société Algérienne d’Infectiologie, les experts ont insisté sur une menace urgente : les maladies émergentes transmises par les animaux. Cette session plénière, organisée sous le thème « One Health », a souligné un impératif national.
Premier constat, et il est majeur. Le Dr A. Hachid, de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), a présenté un chiffre clé. En effet, plus de 70 % des maladies infectieuses émergentes proviennent des animaux. Il a nommé ces maladies les « zoonoses virales ».
Par conséquent, l’approche « Une Seule Santé » (« One Health ») est devenue cruciale. Cette stratégie intègre la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale. Le Dr Hachid a insisté sur ce point. « Il est devenu impératif d’instaurer un système intégré », a-t-il déclaré.
LIRE AUSSI : Annaba en état d’alerte contre le virus du Nil occidental
Renforcer la surveillance pour anticiper les crises
En outre, les facteurs de risque s’amplifient. L’activité humaine, les déplacements des animaux sauvages et la dégradation de l’environnement favorisent ces maladies. Face à cela, la coopération entre les institutions est vitale.
« Sans une coopération réelle entre nos institutions, nous ne pourrons pas anticiper les épidémies », a averti le spécialiste. Son appel est clair : il faut renforcer les réseaux de surveillance. Cette vigilance est particulièrement nécessaire dans les zones rurales, exposées à la faune sauvage.
LIRE AUSSI : Propagation du virus du SIDA en Algérie : le ministre de la Santé réagit
Le virus West Nile circule en Algérie
Parmi les exemples concrets, le Dr Z. Boudiaf, du CHU d’Annaba, a présenté une étude alarmante. Elle confirme que le virus West Nile (VNO) circule bel et bien en Algérie. Transmis par les moustiques, ce virus peut provoquer de fortes fièvres. Dans de rares cas, il entraîne des complications neurologiques graves.
Le congrès a également abordé la lutte contre les moustiques. Ces insectes sont des vecteurs majeurs de maladies, appelées arboviroses. Parmi elles, on trouve la dengue, le chikungunya et le virus West Nile.
Pour mieux les combattre, des méthodes modernes existent. Le Dr C. Eldin, de l’IHU Méditerranée de Marseille, a présenté de nouvelles techniques de surveillance et de détection. L’objectif est d’adopter ces outils en Algérie.
LIRE AUSSI : Mobilisation renforcée contre les hépatites virales en Algérie
Un appel commun à l’action
En conclusion, la séance s’est clôturée sur un appel unanime. Les infectiologues demandent plus de vigilance. Ils plaident aussi pour la modernisation des systèmes d’alerte épidémiologique. Enfin, ils soulignent l’importance de la coopération internationale.
Ce congrès marque donc une étape décisive. La prise en charge des maladies émergentes en Algérie entre dans une nouvelle phase. L’urgence est désormais d’agir ensemble pour protéger la santé publique.
LIRE AUSSI : L’Algérie se lance dans la fabrication autonome de vaccins