L’Algérie lance son projet stratégique pour produire ses vaccins. Un groupe de travail multisectoriel vient d’être installé. Son objectif ? Pilotier la création d’un Centre intégré de recherche en virologie et d’une usine nationale de production de vaccins.
Cette initiative directe suit les décisions de la réunion ministérielle d’octobre 2025. Les ministres de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique coprésident ce groupe. Ils ont installé la structure hier à Alger.
Le groupe compte 22 membres. Il rassemble des secteurs clés. Parmi eux, la Défense nationale, la Santé, et l’Enseignement supérieur. L’Agence nationale de sécurité sanitaire y participe aussi.
Le projet dépasse la simple construction d’infrastructures. Il vise à bâtir un pôle intégré complet. Ce pôle couvrira toute la chaîne, de la recherche fondamentale au développement industriel.
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Une mission de grande envergure nationale
Le ministre de la Santé a souligné l’importance de cette mission. Il a insisté sur la « grande responsabilité nationale ». Le groupe doit faire preuve de professionnalisme et de rigueur. Le respect des standards scientifiques internationaux est essentiel.
Sa mission ne se limite pas au suivi opérationnel. Elle inclut également l’élaboration d’une stratégie scientifique intégrée. Cette stratégie s’appuiera sur une évaluation des ressources existantes. Une coordination intersectorielle renforcée la soutiendra.
La réussite sera un indicateur concret. Elle démontrera la capacité de travail en coordination intersectorielle. Elle transformera les défis sanitaires en leviers de développement.
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Concrétiser une vision présidentielle ambitieuse
Ce projet s’inscrit dans une vision plus large. Le président Tebboune l’a rappelé en décembre 2025. La consolidation de la souveraineté sanitaire est un axe central de politique nationale.
L’Algérie possède un poids industriel pharmaceutique significatif. Elle concentre plus d’un tiers des établissements du continent. Cela représente environ 230 usines sur 649 en Afrique.
Le président a exprimé une ambition claire. Il veut faire de l’Algérie un « pôle de santé » continental. Le pays doit répondre aux besoins de l’Afrique et du monde arabe. Cette démarche relève d’une solidarité stratégique.
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Des bases industrielles solides et en croissance
L’industrie pharmaceutique algérienne affiche des progrès mesurables. Le secteur réduit fortement sa dépendance aux importations. Aujourd’hui, 233 établissements de production sont opérationnels. Ils couvrent 82% des besoins nationaux.
Les importations pharmaceutiques ont considérablement chuté. Elles sont passées de 1,25 milliard de dollars en 2022 à 515 millions en 2024. La diversification de la production locale se poursuit.
Dès 2026, quatre entreprises lanceront la production de produits d’anesthésie dentaire. Cette mesure garantira la disponibilité continue de médicaments essentiels.
Des projets structurants sur les matières premières avancent. Ils ciblent des maladies comme le diabète et le cancer. Le groupe Saidal porte des projets à Médéa, Batna et Sétif. Ces unités entreront en service fin 2026.
Vers un nouveau modèle : recherche et innovation
La création du centre de virologie marque une transition. L’industrie passe d’un modèle de substitution aux importations à un modèle innovant. Ce nouveau modèle valorise la recherche et l’exportation de savoir-faire.
L’Algérie construit ainsi sa souveraineté sanitaire sur des bases durables. Elle se positionne comme un acteur scientifique crédible. Son influence régionale et internationale s’en trouve renforcée.
En conclusion, ce groupe de travail ouvre une phase concrète. L’Algérie avance résolument vers son autonomie vaccinale. Elle renforce simultanément sa résilience face aux crises épidémiologiques. Le pays aspire à jouer un rôle majeur dans la sécurité sanitaire africaine.
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