Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wissam Kouidri, a supervisé ce jeudi à Mostaganem le redémarrage officiel des travaux du projet de l’unité industrielle dédiée à la production de principes actifs et de vaccins vétérinaires, rattachée au groupe public Saidal. Cette initiative marque une étape décisive dans la stratégie nationale de souveraineté sanitaire animale.
Lors d’un point de presse accordé à l’agence de presse algérienne (APS) à l’issue de sa visite sur site, le ministre a qualifié l’arrêt antérieur du projet de « non acceptable ». Selon lui, cette interruption a entraîné un gaspillage considérable de devises étrangères. En effet, l’Algérie continue d’importer des vaccins vétérinaires à des prix élevés pour protéger son cheptel contre les maladies animales.
Koudri a souligné que ces importations imposent un double fardeau : financier, bien sûr, mais aussi sanitaire. Les virus animaux évoluent rapidement, rendant les vaccins obsolètes plus vite qu’anticipé. Ce décalage menace directement la santé du bétail et cause des pertes économiques importantes pour les éleveurs.
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Redémarrage immédiat et accélération des travaux
Dès aujourd’hui, les travaux reprennent à un rythme soutenu, a affirmé le ministre. L’objectif est clair : lancer la production dans les plus brefs délais. Les infrastructures sont presque achevées. Le bâtiment administratif affiche un taux d’avancement de 96 %, tandis que les installations de production atteignent 95 % de réalisation.
Une fois opérationnelle, cette unité produira 175 tonnes annuelles de principes actifs, une capacité suffisante pour couvrir une part significative des besoins nationaux en vaccins vétérinaires. Elle fabriquera également quatre types de médicaments vétérinaires de manière intégrée, depuis la matière première jusqu’au produit fini.
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Un levier pour l’emploi local et la sécurité sanitaire animale
Le projet ne se limite pas à une simple question industrielle. Il constitue aussi un moteur d’emploi. Dès son entrée en service, l’unité générera 120 postes de travail directs, principalement destinés aux compétences locales de la région de Mostaganem.
Cette relance s’inscrit dans une vision plus large : réduire la dépendance aux importations, renforcer la résilience du secteur agricole et garantir une meilleure protection de la santé animale. À terme, elle devrait alléger la pression sur les finances publiques tout en sécurisant la chaîne alimentaire nationale.
Vers une industrie pharmaceutique vétérinaire pleinement souveraine
Le redémarrage de ce projet symbolise une volonté politique forte de recentrer la production stratégique sur le sol national. En misant sur l’expertise du groupe Saidal, l’Algérie franchit une étape cruciale vers l’autonomie dans le domaine sensible des vaccins vétérinaires.
Les yeux sont désormais tournés vers les prochains mois. Si les délais sont respectés, cette unité pourrait devenir un pilier majeur de la santé animale en Algérie — et un modèle à reproduire dans d’autres secteurs critiques.
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