Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a annoncé jeudi des mesures majeures pour réformer le secteur pharmaceutique. Ces annonces ont été faites lors d’une séance plénière à l’Assemblée Populaire Nationale. L’objectif est clair : élargir l’accès aux soins et moderniser la profession.
Le gouvernement prépare activement un projet de décret exécutif. Ce texte crucial définira les conditions d’exercice de la profession de pharmacien. Il vise à augmenter significativement le nombre de pharmacies privées sur l’ensemble du territoire national.
Actuellement, l’Algérie compte 12 938 pharmacies. Ce nombre est jugé insuffisant. Le nouveau décret doit y remédier. Il appliquera les dispositions de l’article 250 de la loi sur la santé.
LIRE AUSSI : Les pharmacies d’officine menacées par les retards de paiement de la CASNOS
Transparence et traitement des demandes en attente
Le ministre a fourni des précisions importantes. Le futur décret concerne aussi les pharmaciens assistants. Une priorité est accordée aux pharmaciens non installés, actuellement sur listes d’attente.
Leur traitement se fera via une plateforme numérique dédiée. Cet outil garantira la transparence et l’équité des procédures. L’objectif est de répondre au plus grand nombre de demandes en attente.
Garantir l’approvisionnement et élargir l’accès
Cette réforme a un double volet. Elle doit à la fois augmenter le nombre de points de vente et sécuriser la chaîne d’approvisionnement. Le but est d’assurer la disponibilité permanente des médicaments et du matériel médical partout en Algérie.
Le projet de texte est actuellement discuté par une commission pluridisciplinaire. Y siègent des experts, des techniciens, des partenaires sociaux et le Conseil de l’éthique de la profession.
LIRE AUSSI : La violence et l’insécurité menacent les pharmacies d’officine en Algérie
Deux autres décrets pour encadrer les prescriptions et les compléments alimentaires
Le ministère a également préparé deux autres projets de décret. Le premier encadrera strictement les conditions de prescription des médicaments à usage humain. Le second définira les caractéristiques techniques des compléments alimentaires.
Ces deux textes ont été déposés pour étude au Secrétariat Général du Gouvernement. Ils complètent l’arsenal réglementaire pour une meilleure sécurité des patients.
Lors de la même séance, le ministre a répondu à une question sur le cancer de la prostate. Un programme national de prévention de cette maladie a été élaboré. De nouveaux services spécialisés en urologie seront créés.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du fonds spécial de lutte contre le cancer. Elles illustrent la volonté d’intégrer les technologies de pointe dans le système de santé algérien.
En conclusion, le secteur de la santé en Algérie entre dans une phase de restructuration profonde. La libéralisation contrôlée des pharmacies et le renforcement de la haute technologie médicale en sont les deux piliers.
LIRE AUSSI : SIPHAL 2025 : Quand la pharmacie algérienne se mobilise contre le cancer