Le groupe public Saidal, pilier de l’industrie pharmaceutique algérienne, est entré dans une phase cruciale de son développement. En effet, plusieurs projets stratégiques pour la production locale de matières premières destinées aux médicaments ont été lancés. Cette initiative vise une autonomie croissante et une réduction drastique des importations.
Lors d’une récente séance à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, M. Wassim Kouidri, a fixé un cap clair. Ces nouveaux projets permettront, à court terme, de réduire de 60% la facture d’importation de ces principes actifs. Actuellement, ces importations pèsent près de 3 milliards de dollars annuellement sur l’économie nationale.
Ainsi, l’Algérie consolide sa position singulière en Afrique. Elle fait en effet partie des rares nations à investir massivement dans ce secteur stratégique. L’objectif est sans équivoque : internaliser la production des ingrédients de base et maîtriser les technologies associées.
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Souveraineté sanitaire et projets concrets
« Consacrer la souveraineté sanitaire passe impérativement par une production locale des matières premières », a insisté le ministre. Par conséquent, Saidal exécute plusieurs programmes d’envergure.
Ces projets ciblent notamment la fabrication de principes actifs pour des médicaments essentiels. Il s’agit des traitements contre le cancer, les antibiotiques, les maladies cardiaques et le diabète. Les anti-inflammatoires, les hormones et le paracétamol sont aussi concernés.
En parallèle, le secteur encourage et associe des laboratoires privés nationaux dotés de capacités de production importantes. Cette synergie public-privé accélère la dynamique de localisation.
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Stabilisation du marché et encouragement à l’investissement
La stratégie sectorielle repose sur plusieurs piliers. Premièrement, garantir des matières de qualité est une priorité. Pour cela, le marché du médicament est mieux régulé. Les importations anarchiques sont limitées.
Deuxièmement, les investisseurs sont incités à se tourner vers la fabrication des dispositifs médicaux. Concernant la disponibilité des médicaments, la situation s’améliore nettement. Sur environ 6500 médicaments commercialisés localement, seuls 16 sont actuellement en rupture. Cette pénurie est principalement due à des tensions sur le marché international. Des alternatives thérapeutiques existent pour y remédier.
Innovation et diagnostics : la localisation se poursuit
Le secteur ne se limite pas aux matières premières. Il encourage également l’investissement dans des domaines innovants. Par exemple, des projets sont en cours pour localiser la production de médicaments contre les allergies, l’asthme ou la rhinite chronique.
Ces initiatives sont portées par des producteurs algériens, souvent en collaboration avec des laboratoires étrangers spécialisés. L’État s’engage à fournir toutes les facilités nécessaires. L’objectif est de créer des unités de production locales pour ces produits de diagnostic et de traitement.
En attendant une production nationale effective, des programmes d’importation rigoureusement contrôlés assurent l’approvisionnement. Les autorisations sont délivrées, par exemple, à l’Institut Pasteur d’Algérie pour répondre aux besoins urgents.
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Une feuille de route pour l’indépendance pharmaceutique
En définitive, le lancement de ces multiples projets par Saidal marque un tournant. L’Algérie capitalise sur son taux de couverture du marché local (environ 82%). Elle s’attaque maintenant à l’étape supérieure : la maîtrise de la chaîne de valeur.
Cette politique volontariste renforce la résilience du système de santé national. Elle prépare aussi l’industrie pharmaceutique algérienne à un avenir plus autonome et compétitif.
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