Le groupe public Saidal, pilier de l’industrie pharmaceutique algérienne, a connu une année mouvementée avec pas moins de quatre changements à sa direction. Une instabilité inhabituelle pour une entreprise stratégique engagée dans un vaste programme de modernisation et d’expansion.
Tout a commencé avec la nomination de l’ancien PDG, Wassim Kouidri, au poste de ministre de l’Industrie pharmaceutique, nouvellement créé, le 3 février 2025. Pour lui succéder à la tête de Saidal, il choisit naturellement son ancien directeur adjoint, Abdelouahed Grimes, censé assurer une transition en douceur grâce à sa parfaite connaissance des rouages de l’entreprise.
Cette stabilité fut de courte durée. Dès le 12 avril, un nouveau directeur général est nommé : Yahia Saad-Eddine Naili, médecin de formation doté d’un MBA en marketing de la Sorbonne. Aucune explication officielle ne vient justifier ce remplacement surprise après seulement deux mois.
Le mandat de M. Naili ne dure guère plus. Fin juillet, il est remplacé par Mme Nabila Benyaghzer, elle-même évincée au bout de six mois, en ce mois de janvier. Cette fois encore, le groupe ne communique pas sur les raisons de ce nouveau changement.
C’est finalement le professeur Belkhelfa Mourad qui prend les rênes de Saidal, en tant que directeur général par intérim, dans un silence managérial qui intrigue observateurs et partenaires.
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Une instabilité préoccupante pour un groupe en pleine transformation
Cette valse des dirigeants survient dans un contexte stratégique. Saidal est engagé dans un plan ambitieux : relance de la production, modernisation de ses unités industrielles, élargissement de son portefeuille thérapeutique et renforcement des standards de qualité, avec l’appui de partenaires étrangers.
Si tous les dirigeants nommés sont issus de « la maison » et présentent des compétences techniques indéniables, la succession de quatre PDG en douze mois interroge. Une telle rotation à la tête d’une entreprise publique d’envergure peut compromettre la continuité des projets, affaiblir la vision à long terme et nuire à la confiance des investisseurs et partenaires techniques internationaux.
Alors que l’Algérie affiche sa volonté de souveraineté pharmaceutique, la stabilité du management de son fleuron industriel apparaît plus que jamais comme un enjeu crucial. Les décideurs parviendront-ils à concilier dynamisme de gouvernance et pérennité du pilotage ? La question reste ouverte, au moment où le professeur Belkhelfa Mourad prend place, pour une durée encore incertaine, dans le fauteuil de direction du géant national.
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